Auteur/autrice : c.foret@handisport.org

Michel Terrefond :  » On a posé des jalons pour Paris 2024 « 

Michel Terrefond dresse un bilan très positif de l’Euro de rugby-fauteuil, du 22 au 26 février à la Halle Carpentier à Paris, le premier organisé en France. Le directeur sportif du rugby-fauteuil de la Fédération Française Handisport se réjouit du titre historique décroché samedi par les Français devenus champions d’Europe. 

Michel Terrefond, on vous imagine comblé de bonheur par ce titre européen ?
Michel Terrefond : C’est merveilleux en effet. Extraordinaire même. On a gagné cette finale contre les champions paralympiques anglais avec la manière. Nous avons toujours été devant. On a su les étouffer très vite. Ça ouvre de très belles perspectives pour la suite. On a posé des jalons pour Paris 2024.

Quelle image forte retiendrez-vous de cet Euro ?
M. T : La finale et cette incapacité des Britanniques à trouver des solutions contre nous. Ils ont changé de lignes, essayés de nous perturber, mais rien n’y a fait. Je retiens aussi la solidarité, le sérieux et l’implication de tout le collectif France. C’était indispensable pour réaliser cet exploit historique pour le rugby -fauteuil tricolore et décrocher ce titre.   

Ce titre européen peut-il être le déclic attendu de la France souvent pas loin jusqu’ici ?
M. T : Oui. Ça démontre que nous sommes capables d’aller au bout, que la Grande-Bretagne, comme toute équipe, n’est pas infaillible. 

Quels enseignements tirez-vous pour les Bleus de cet Euro ?
M. T : Le collectif vie très bien. Tout le monde s’entend bien. Les joueurs se parlent entre eux. Je trouve un état d’esprit encore meilleur qu’avant. Sur le terrain, il y a davantage de sérénité. Est-ce le nouveau staff ou aussi une maturité plus grande du collectif qui n’a pas changé ? Il y a sans doute un peu de tout.  


La compétition en images

© L. Bagnis / D. Echelard

Les rotations des lignes mises en place par le staff y contribuent certainement ? 
M. T : Faire tourner les lignes permet de concerner tout le monde et de souder un groupe. Tous échangent lors des réunions tactiques parce que tout le collectif se sent concerné et est impliqué. J’ai observé aussi une grande application des consignes données le matin, lors des réunions tactiques durant les matches. Ce fut juste un peu moins vrai en demi-finale parce que les joueurs ont sur, par un début de match tonitruant, se rendre la partie plus facile qu’attendue. L’équipe s’est peut-être un peu relâchée et projetée sur la finale.     

Quel regard portez-vous sur le fonctionnement du staff avec trois entraîneurs ?  
M. T :  La solution est bonne actuellement. Elle permet de ne pas faire porter les responsabilités sur une seule personne. Il y a davantage d’échanges, les décisions peuvent changer grâce à ces discussions. Je pense que c’est bien. C’est tout récent, ils vont sans doute encore faire évoluer leur manière de manager. Peut-être qu’un d’entre eux prendra place dans les tribunes comme on peut le voir dans d’autres sports.   

Comment a évolué l’échiquier européen ?
M. T :  Il n’y a pas eu de surprise, mais le niveau global est meilleur. L’Allemagne est bien remontée. Les Russes, promus en Europe A, ont livré un bel Euro. Quant à la Suisse, elle s’est faite piéger par la classification d’un joueur qui change toute la donne.

À (re)voir, les replays des matchs

« On est entré dans une autre ère »

Comment avez-vous vécu cette première organisation de championnat majeur ?
M. T : C’est top, même les Anglais ont été conquis. On sent une vraie professionnalisation. Il y a une superbe ambiance. L’organisation a marqué des points. La salle, les animations entre les quarts temps sur quelques matchs sont très appréciées. Les gens adhèrent à l’idée de payer leurs places et on est à plus de mille personnes par jour en moyenne. Et samedi, pour la finale, ce fut vraiment magique. Il y a eu du monde et une ambiance exceptionnelle… Pourtant, on craignait que le match du XV de France, en Écosse, nous fasse un peu de tort. On est entré dans une autre ère. Pour une première, c’est réussi.

Les animations et les différentes sensibilisations au handicap ont-elles été un succès ?
M. T :  Oui. CAP SAAA a mis à disposition des fauteuils play moovin. Ce sont des fauteuils multisports, moulés qui permettent aux enfants de s’essayer en toute sécurité. Les partenaires et les collectivités ont également été partie prenante. 

Rédaction : J. Soyer

Euro rugby : La France s’installe sur le toit de l’Europe !

L’équipe de France de rugby-fauteuil a réalisé un exploit majuscule ce samedi après-midi à la Halle Carpentier de Paris. Les Bleus ont décroché leur premier titre de champion d’Europe en venant à bout de la Grande-Bretagne, double championne d’Europe sortante et championne paralympique en titre (44-43). «  C’est le début d’une belle histoire », se réjouit Cédric Dubord, l’un des coaches de la France.  

L’équipe de France a atteint son objectif. Elle tient sa performance majeure. Les Bleus, 6e des derniers Jeux Paralympiques de Tokyo, ont décroché le titre de champion d’Europe devant leur public et une Halle Carpentier, très bien remplie et en ébullition. Une Halle Carpentier, acquise à la cause des Bleus qui a retenu son souffle tout au long de cette finale très accrochée et indécise jusqu’au bout. À la fin, la communion entre le public tricolore et les joueurs était belle à voir. « On l’a fait, c’est historique » , lance la voix éraillée, Cédric Dubord. « C’est magnifique, on a été soutenu par le public qui nous a transcendé à garder ce point d’avance en toute fin de partie, quand on a perdu quelques ballons et vu notre avance de quatre points fondre doucement. »  

Un match défensif

Face aux Britanniques, triple champions d’Europe sortants et champions paralympiques en titre, les Tricolores du trio Bob Vanacker, Cédric Dubord et William Ybert, ont livré un match plein. Une vraie finale pour s’imposer d’un point (44-43). « Les Joueurs ont parfaitement appliqué les consignes. On a fait un bon début de match, mis une grosse pression, notamment sur les porteurs anglais, Phipps et Robinson », poursuit Dubord.« La France a mené 11-8 à la fin du premier quart puis 21-18 à la pause. Cela nous a aussi permis de prendre le temps pour aller marquer. Il le fallait afin de récupérer un peu parce que les joueurs ont fait d’énormes efforts pour bien défendre. Il n’y a pas eu beaucoup de point parce que ce fut une partie de défense. »

En fin de partie les Bleus ont pris quatre points d’avance avant de connaître de petites frayeurs. « Les Anglais n’ont rien lâché, ils ont su remonter au score mais on a su tenir. C’est la victoire d’un groupe. On l’avait dit, pour aller au bout, il faudrait l’implication des douze joueurs. Cela a été le cas. »

Même si le staff n’a pas pu trop faire tourner, les remplaçants ont apporté un vrai supplément d’âme aux titulaires sur cette finale. « C’est le début d’une histoire », assure Cédric Dubord. Avec ce premier titre majeur, la France a fait tomber une barrière psychologique importante. 

Le Danemark prend la 3e place     

Le Danemark complète le podium. Les Danois ont logiquement dominé les Allemands lors du match pour la 3e place (58-52). La Suisse, elle, s’empare de la 5e place après son succès contre les Russes (53-40). Enfin, Les Pays-Bas ont laissé la dernière place à la Pologne (49-42). 

Rédaction : J. Soyer


Classement de l’euro


1 FRANCE
2 GRANDE-BRETAGNE
3 DANEMARK
4 ALLEMAGNE
5 SUISSE
6 RUSSIE
7 PAYS-BAS
8 POLOGNE

Euro rugby : la France défie la Grande Bretagne en finale

Et voilà ! Les Bleus y sont. Après un sans-faute en poule et une demi-finale maîtrisée de main de maître contre l’Allemagne (55-42), l’équipe de France s’est qualifiée pour la finale de son championnat d’Europe, disputé à la Halle Carpentier de Paris depuis mardi. Les Tricolores affronteront les Anglais, double champions d’Europe et champions paralympiques en titre.

Il y avait de la joie vendredi dans le camp français à la Halle Carpentier de Paris. « Une joie modérée », tempère Cédric Dubord, l’un des entraîneurs de l’équipe de France, avec Bob Vanacker et William Ybert.« Nous avons franchi la quatrième étape et atteint la finale. Il en reste une pour aller chercher l’objectif ! »

Un premier quart de feu contre l’Allemagne

Contre les Allemands, battus 55-42, les Français, assurés, comme tous les demi-finalistes de cet Euro de jouer les championnats du monde au Danemark en octobre 2022, ont maîtrisé le match de bout en bout. Ils se sont appuyés sur un premier quart temps très impressionnant (16-7) pour ensuite dérouler. « On a encore pu faire tourner les lignes, travailler quelques points précis. Tout n’a pas été parfait, il y a parfois eu du relâchement et quelques pertes de balle, mais dans l’ensemble, ce fut très intéressant », décrypte le technicien de l’équipe de France, encore poussée par un bruyant et chaleureux public.

Place maintenant à la grande finale. La première sur une épreuve majeure pour l’équipe de France. Les équipiers de Jonathan Hivernat devront livrer un grand match pour se défaire des Britanniques, qui ont tenu leur rang contre le Danemark (55-48). « C’est la finale attendue », se réjouit Cédric Dubord. « Les favoris sont au rendez-vous. On va devoir livrer un grand match contre les champions paralympiques en titre. Être appliqués sur nos transitions et propres en attaque, ne pas perdre de ballons. »

Bloquer les porteurs anglais

Lors de la réunion tactique de 10 h 30, prévue ce samedi matin, le staff tricolore rappellera à ses troupes la nécessité de bien « bloquer et enfermer » les deux porteurs anglais, Aaron Phipps et Stuart Robinson. Ils se partagent le leadership de cette formation depuis l’arrêt de Jim Roberts. «  On espère aussi que l’on pourra compter sur notre public. Il devra aider nos Bleus à se transcender. »

Cette quatrième journée de vendredi on note aussi le forfait de la Pologne contre la Russie. L’autre match comptant pour les places de 5 à 8 a vu la Suisse, dernière de la poule A, battre les Pays-Bas, 3e du groupe B. La Suisse et la Russie devraient donc s’affronter pour la 5e place. La Pologne et les Pays-Bas se retrouveront pour éviter la dernière place.      

Le match pour la 3e place opposera donc le Danemark à l’Allemagne, avec un avantage aux Danois.       

Rédaction : J. Soyer


Le programme du samedi 26 février

Euro rugby – forfait de la Pologne

La Fédération internationale WWR a annoncé le forfait de l’équipe Polonaise sur le match initialement prévu à 10h00 face à la Russie en raison de la situation extrêmement sensible liée à la crise actuelle en Ukraine.
L’équipe jouera le prochain match contre le vainqueur du match HOL vs SUI et participera à la cérémonie de clôture officielle.

« Wheelchair Rugby Team of Poland decided not to play in the game G13 on 25th of February during the European Championship in Paris due to the extremely sensitive situation related to the current crisis in Ukraine. »

The team will play the next match against the winner of the match HOL vs SUI and will participate in the official closing ceremony.

Contact > medias@handisport.org

Euro rugby : cap sur les demi-finales

L’équipe de France a signé un beau sans faute dans sa poule des championnats d’Europe, qui se jouent depuis mardi à la Halle Carpentier de Paris. Après avoir dominés le Danemark, mercredi, les Bleus ont bien maîtrisé le match contre la Russie, ce jeudi. Ils terminent donc en tête de leur poule et affronteront l’Allemagne en demi-finale vendredi (à 15 h 30). L’autre demi-finale opposera les champions paralympiques anglais aux Danois. En rejoignant le dernier carré, la France assure aussi sa place aux prochains championnats du monde, prévus au Danemark en octobre 2022. La journée a aussi été marquée par une action dédiée à l’emploi et la signature de la convention entre l’Agefiph et la FFH.  

France –Allemagne et Grande Bretagne – Danemark. Voici le programme des demi-finales demain de l’Euro de rugby-fauteuil, joué pour la première fois en France, à la Halle Carpentier de Paris. Ces quatre nations ont d’ores et déjà gagné leur place pour les prochains Mondiaux (Danemark octobre 2022).

Retrouvez toutes les photographies de la compétition

Un match maîtrisé de bout en bout

Les hommes du trio Vanacker, Dubord, Ybert a donc rendu une copie parfaite durant ce tour de poule. «  On est reçu trois sur trois », se félicite Cédric Dubord. Après avoir répondu présent contre le Danemark, vice-champion d’Europe jeudi, les Français devaient éviter tout relâchement contre les Russes. Un match à part compte tenu du contexte politique et des attaques russes en Ukraine. «  Franchement, je ne sais pas comment cela a été vécu de leur côté, on s’est concentré sur le sportif et sur notre match », souligne l’entraîneur français.

Et ça s’est vu. Les Bleus, encore soutenus par un public fervent et nombreux, ont étrillé la Russie (60-37). « On a assuré la première place, on a pu faire tourner les lignes pour reposer certains joueurs dans l’optique des matches couperets et travailler quelques nouveaux schémas », énumère Cédric Dubord.« La mission a été parfaitement accomplie. »

L’Allemagne, l’adversaire espéré

Ce match abouti lance idéalement les Bleus avant leur demi-finale de vendredi contre l’Allemagne. «  Il faudra leur mettre beaucoup de pression  », pose Cédric Dubord. « On a gagné en amical, en début de semaine, contre eux. On connaît leurs forces et leurs faiblesses. À nous d’être appliqués et de continuer à bien mettre en place nos systèmes de jeu. Il ne faut surtout pas penser que cette demi-finale est gagnée d’avance. Nous sommes nos principaux adversaires. »

Premiers de leur groupe, les Tricolores ont donc réussi à éviter la Grande-Bretagne, championne paralympique et d’Europe en titre, en demie. Les Allemands, eux, ont logiquement et aisément pris le dessus contre la Pologne (52-36) pour asseoir leur deuxième place de poule, pendant que les Anglais continuaient de survoler les débats contre les Pays-Bas (57-35).

Le Danemark veut surprendre la Grande-Bretagne

Dans le groupe de la France, les Danois enfonçaient un peu plus encore les Suisses (63-37), derniers de ce groupe A et décrochaient leur billet pour le dernier carré. Un match acharné les attend contre les Anglais (18 h). «  C’est la revanche de la finale du dernier Euro, remportée par la Grande-Bretagne, situe encore Cédric Dubord. Les Danois ont progressé et affichent de vrais arguments. Les Anglais devront se méfier. »

Dans la matinée la Russie défiera la Pologne et la Suisse affrontera les Pays-Bas pour les places de 5 à 8.    

Rédaction : S. Joyer


Le programme du vendredi 25 février